Le polar est un genre littéraire très lié à la ville. C’est une affirmation que l’on a beaucoup entendu le week-end dernier (du 30 mars au 1er avril) à Quai du Polar, le salon du livre policier de Lyon. Voyons si cela se vérifie, en revenant sur cet événement.

Une nouvelle façon de découvrir la ville

Crimes et autres faits divers marquent souvent les cités. C’est ce dont on pouvait se rendre compte grâce à la visite sur mesure proposée par l’Office de Tourisme de Lyon. L’arrestation des Templiers, l’assassinat du Président Sadi Carnot… ces événements noirs de l’histoire lyonnaise sont liés au milieu urbain. En effet les villes sont le carrefour des pouvoirs et des relations, elles sont le lieu privilégié de grands évènements et donc aussi de grands crimes.
De part son histoire et les étapes dans sa construction, une ville regorge également de détails et de lieux inattendus. Samedi 31, on pouvait chercher ces petits de secrets à Lyon en participant à l’enquête. L’objectif ? Aider un certain Archibald à retrouver un trésor… Le jeu de piste nous amenait à découvrir les détails d’une statue ou des inscriptions qui passent habituellement inaperçues, à visiter des lieux particuliers comme les archives, etc. Avez-vous trouvé le trésor ?

Le polar nait-il en ville ?

Outre les activités de découverte de Lyon, Quai du Polar proposait aussi une série de conférences dont certaines parlaient explicitement de la ville. C’est par exemple un Los Angeles à plusieurs vitesses que l’on a découvert dans la conférence « Des pailles aux paillettes, de la poudre blanche à la poudre noire : grand angle sur Los Angeles et sa banlieue ». Entre les strass d’Hollywood et la paupérisation des bas quartiers, la leçon à retenir est surtout l’amour des romanciers pour leur ville, et la nécessité pour certains auteurs de parcourir leur terrain de fiction pour s’en imprégner.

Le polar à la campagne

Les grandes villes n’ont cependant pas le monopole du crime et du mystère. L’atmosphère propice au huis-clos de certaines bourgades fournit un terrain idéal pour des histoires terrifiantes. C’est à travers les pièces de théâtre que l’on pouvait s’en rendre compte lors de Quai du Polar :

  • Un Roi Sans Divertissement, à l’Espace 44, est un one-man-show, et la très bonne mise en scène et la géniale prestation d’André Sanfratello nous plongent dans la psychose des habitants d’un petit village de montagne.
  • Dans Coronado, de Dennis Lehane, au Théâtre de l’Iris, on se retrouve dans l’ambiance d’un bar où l’intrigue se dénoue petit à petit, presque avec légèreté.

La ville est donc l’un des lieux du roman noir, mais n’est pas le seul. La leçon principale que je retiens de ce salon est la nécessité d’intégrer une grande dose de réalisme dans la fiction. Qu’il soit historique, médical, urbain ou rural, le polar doit s’appuyer sur un contexte maîtrisé par son auteur. Finalement, le géographe et le romancier ne sont pas si éloignés : ils doivent tous deux connaître leur territoire.