Ce n’est pas un sujet nouveau, et pourtant il est de plus en plus prégnant : la sauvegarde / protection / mise en valeur des espaces agricoles et naturels est au cœur des politiques publiques d’aménagement du territoire. Partant du constat d’une forte accélération de l’artificialisation des sols, de nombreux projets territoriaux tentent de freiner une tendance qui risque de rompre (qui a déjà rompu ?) un équilibre fragile. La carte présentée ci-dessous permet d’aborder ce problème complexe d’une façon assez efficace, et constitue le point de départ d’une méthode qui commence à faire école.

Des espaces naturels et agricoles menacés

C’est dans le « périurbain » (c’est à dire le territoire en périphérie plus ou moins lointaine des villes) que tout se passe. L’attrait des français pour la maison individuelle, couplé avec les prix du foncier et de l’immobilier exagérément élevés en ville, a entraîné l’installation de nombreux ménages dans la « campagne » proche. Si l’on rajoute à cela la multiplication des zones commerciales en périphérie et des infrastructures routières nécessaires pour desservir tout le monde, on comprend pourquoi on dit que l’équivalent d’un département est artificialisé tous les 10 ans (ce chiffre, assez controversé, est tiré du site du Ministère de l’Agriculture).

Face à cette « avancée » pas toujours organisée de l’urbanisation, les autres espaces sont déséquilibrés. La construction de quelques maisons dans une plaine agricole peut déstructurer le fonctionnement des exploitations à proximité : les exploitants agricoles ne peuvent plus épandre trop près des bâtiments, les engins ont des difficultés à circuler sur les routes qui n’ont pas été conçues pour eux, etc. Il en est de même pour les espaces naturels et leurs occupants : une autoroute est quasiment impossible à traverser pour les animaux sauvages (même si l’on met en place des « passages à faune »).

Inversons le regard

La solution pour une gestion équilibrée de l’espace ? Avoir un projet de territoire qui prenne en compte les différents types d’occupation (habitat, commerce, agriculture, forêts, espaces naturels, etc.) et donne sa juste place à chacun… plus facile à dire qu’à faire. Si de nombreux travaux existent (voir en fin d’article), l’idée émise dans le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) de l’agglomération de Montpellier est particulièrement séduisante.

Le principe est le suivant : pour une meilleure prise en compte des espaces agricoles et naturels (on dit aussi espaces ouverts), il faut les représenter dans toute leur diversité (types de cultures, zones protégées, etc.). La cartographie permet d’illustrer cette méthode : au lieu de représenter les espaces ouverts d’une seule et même couleur, on peut « inverser le regard » et avoir une carte dans laquelle la ville est d’un seul bloc alors que l’on détaille les autres espaces. C’est ce qui est fait ici à Montpellier.

SCoT_Montpellier

Carte issue du Projet d’Aménagement et de Développement Durable du SCoT de Montpellier

C’est l’armature des espaces naturels que cette carte met en valeur : l’importance des vallées, des territoires littoraux, etc. La ville n’est même pas représentée. Pour en savoir plus sur ce travail qui consiste à bien étudier les milieux agricoles et naturels avant de construire une stratégie d’urbanisation, vous pouvez télécharger les documents du SCoT sur cette page.

Un sujet vaste

Bien sûr, vous l’aurez compris, cet article ne fait qu’effleurer un sujet complexe. Pour plus d’information, je vous invite à consulter