Ce week-end (les 3, 4, et 5 juillet) ont lieu les Dialogues en humanité à Lyon, au Parc de la Tête d’Or. Un cadre arboré, calme, et (très) ensoleillé pour cet évènement souhaitant favoriser les débats citoyens autour de sujets d’actualité. Retour sur la première journée.

Un objectif : le dialogue

L’une des caractéristiques des Dialogues en humanité est la volonté de favoriser les échanges, de différentes façons. Le « temps des repas » permet de découvrir la diversité des cuisines du monde dans un cadre convivial. Les ateliers du sensible, de 14 à 16 heures, proposent des activités ludiques pour tous les âges. Chacun peut alors expérimenter des façons de communiquer, via la musique notamment, ou de se découvrir soi-même, à partir de techniques liées à la danse ou à la relaxation par exemple. Les agoras, de 16 à 18 heures, constituent des temps de débat, dans lesquels tout le monde à la parole. Chacun a trois minutes pour s’exprimer, ce qui autorise un maximum d’interventions.

Le citoyen face au climat

C’est une autre spécificité de l’évènement : permettre aux citoyens de se saisir de sujets de société, et de pouvoir s’exprimer dessus. Le thème cette année : le climat.

Dans l’agora « Défi climatique, citoyenneté, politique de l’humanité », les participants ont d’abord dressé un panorama peu optimiste de la situation. Urgence climatique, augmentation des inégalités, déstructuration de l’activité agricole mondiale, mainmise des multinationales sur le destin du monde : un constat sombre.

Mais la diversité des points de vue a permis aussi d’analyser la situation plus en profondeur. Venant de Dakar, de Bruxelles, de Chandigarh ou de Québec, les citoyens présents ont montré que la question n’avait pas qu’une seule facette. Par exemple, si certains représentants de l’occident vantaient la transition énergétique, des personnes venant de Pays du sud ont nuancé cette solution, expliquant qu’une frugalité heureuse pourrait permettre à tous de vivre en économisant les ressources. Un intervenant de la lignée des Pagès Guarani, au Brésil, a donné un ton spirituel aux échanges, en exposant sa façon de voir la nature : chez lui, les êtres humains sont des enfants de la Terre. Ils sont donc reconnaissant de toutes les ressources fournies, et il n’y a pas de notion de propriété privée ni de différences entre les ethnies : tout le monde fait partie de la même famille.

L’action citoyenne au cœur du débat

Au-delà des échanges sur les valeurs et la façon de voir le monde, une question a été posée : « Qu’est-ce que je peux faire ? ».

Une partie de la solution aux problèmes sociétaux peut en effet venir des citoyens, et les exemples étaient nombreux dans cette agora :

  • la monnaie locale « La Gonnette », qui sera lancée à Lyon en novembre, propose une alternative à la spéculation ;
  • Via Campesina milite pour les droits des paysans au niveau mondial, et vise à leur rendre leurs terres, qui sont devenues des objets marchands ;
  • le réseau des Colibris soutient et encourage les initiatives de chacun, montrant que tout le monde peut faire quelque chose à son échelle.

Et, après les agoras, les témoignages de vies croisées, en fin d’après midi, ont raconté les histoires d’amélioration du monde au quotidien.

Tout n’est pas perdu, heureusement, et le contenu des débats a montré l’intérêt des Dialogues en humanité, pour mettre en relation ceux qui veulent s’exprimer comme ceux qui veulent agir. Alors haut les cœurs, et après de beaux palabres, en soirée, vient le « temps de la fête » !